[Délirium post Sirha!] La Cuisine n’est pas morte…

« 2043. 12 h 23 min 34 sec et quelques centièmes.

J’attrape machinalement le tube de couleur blouge censé contenir du XdR1275. Il devrait couvrir mes besoins journaliers . C’est bien ce que me suggère le message. Comme si on me l’avait susurré à l’oreille, ou peut-être l’idée venait-elle vraiment de moi?

Pas mal ces implants finalement! Ils m’aident entre autre à penser – du moins à ne pas oublier ce qui est essentiel. La précédente version avait quelques ratées et laissaient passer quelques allergènes.

Vivement qu’ils découvrent le moyen de pallier à cette fichue prise de repas. Même si une pilule ou 2 en fonction de mes besoins n’est pas la mer à boire. N’empêche…

Le XdR1275 est garanti 100% plaisir et en prime me laisse le souvenir d’avoir savouré le boeuf bourguignon que me cuisinait ma grand-mère….0% déchets…presque 0% temps perdus…Révolu le temps des « mange doucement! »  ou « ne met pas les coudes sur la table! »…. »

Stop délire!

Et, pourtant notre alimentation [ou du moins la manière de s’alimenter] ne cesse d’évoluer. Contrainte de s’adapter à nos modes de vie toujours plus nomades, elle doit gérer nos frustrations, nos exigences, nos impératifs de santé…

Ne pas perdre trop de temps. Manger équilibré. Connaître la traçabilité des produits sont des tendances lourdes auxquelles s’ajoutent celle du vegan, de l’ethnique,…

Dis moi comment tu manges, je te dirai qui tu es… Notre rapport à la nourriture en dit beaucoup sur notre personnalité.

Bien sûr, nous ne sommes pas tous égaux face à la nourriture. Prédisposition génétique ou pas, à l’aise ou pas avec l’image que l’on renvoie…trop de poids…pas assez.

Abondante pour nous! Trop souvent gaspillée. Trop rare dans certains coins du monde.

Au fil du temps, nous avons modifié nos habitudes alimentaires.

D’abord, nous nous sommes tournés vers les plats préparés, consommant moins de produits frais par manque de temps. Nous y sommes revenus, motivés par la crise et le besoin de mieux maîtriser ce que l’on mange.

Les formules de livraison à domicile ont également évolué. Les chaînes de restauration rapide se sont également développées permettant la prise de repas facile. Le temps à cuisiner s’est réduit. Si on passe de moins de temps au fourneau, le temps à s’alimenter s’est quant à lui accru.

L’explosion des show culinaires, la digitalisation n’incitent pas forcément à cuisiner plus mais permettent d’accéder à de nouvelles expériences culinaires. Peut-être pas au quotidien, plus en recherche de praticité, pressés que nous sommes par le temps. En fin de semaine, on s’essaie à reproduire ce que l’on a vu ici et là.

Si les années 90 ont vu l’avènement du micro onde, les années 2000 devraient voir celle du digital permettant un accès à une information plus large et un partage sans frontières.

La cuisine demeure un phénomène culturel qui touche à la fois l’économie, la sécurité, l’art et le rapport aux autres.

En temps de crise, la table est devenue valeur refuge.

Cuisiner est plus économique que d’aller au restaurant.

Faire soi-même est le meilleur moyen de manger sainement.

Il n’y a plus de produits nobles mais des produits de qualité. La traçabilité des produits, leurs origines et rapport avec le terroir sont devenus

En ouvrant leur cuisine et en se médiatisant, les Grands chefs ont su désacraliser la table et la rendre plus populaire.

Jamais la cuisine n’a été autant synonyme de plaisir.

Terminée la cuisine corvée, on prend plaisir à donner des moments de bonheur qui se veulent authentiques.

Mais si les 3 moments clés de la journée; p’tit déjeuner – repas du midi et dîner subsistent, la consommation hors repas gagne du terrain. On grignote ou plutôt on « snacke ».

Le snacking qui s’insérait hier entre les repas est devenu une forme d’alimentation à part entière: apéritif dînatoire,…

Bien géré avec l’usage davantage de produits frais, le « prêt à manger », le « pouvant être consommé sur le pouce » peut d’ailleurs s’intégrer parfaitement dans une alimentation saine et équilibrée.

On ne compte plus les chaînes de restauration rapide nous offrant de plus en plus de choix. Il paraît que le petit déjeuner hors de chez soi sera le nouvel eldorado de demain?

Vegan ou pas? Que l’on adhère ou pas, on ne peut plus passer à côté. Ce qui est sûr, c’est que nous devenons plus exigent sur la traçabilité des aliments qui vont dans notre assiette. Consommer bio ou éco responsable, on n’hésite pas à prendre parti. On se revendique locavore. C’est un acte militant.

Ces propos, livrés pêle-mêle, sont nés à la suite de nos visites au dernier Sirha, évènement mondial pour la restauration. Nous avons parcouru de long en large les allées. Nous n’avions pas envie de faire un inventaire à la Prévert des offres rencontrées. Comme tout salon, vous en ressortez généralement un peu ivre de foule, d’informations…

Nous en sommes ressortis un peu plus convaincus que l’alimentation [notre alimentation] est un sujet qui attire beaucoup de convoitises: enjeux économiques, d’interrogations: préoccupation de santé autour du Vegan ou encore du « sans gluten », identitaire: affirmation des terroirs, des régions ou encore culturel au travers des cuisines des différents pays.

Alors demain à quelle sauce serons-nous mangés? A nous d’être conso-acteur si nous ne voulons pas que brille le soleil vert  😉 !


« 2017.  13h12 environ.

Nous sortons 2 morceaux de boeuf de choix que nous avons ramenés du magasin de petits producteurs voisins.

Nous avons d’ailleurs eu l’occasion de discuter avec celui qui nous a fourni notre repas de ce soir. Emballés sous vide. Nous laissons le temps à la viande de se mettre à température.

Nous avons eu – il y a une 1/2 heure à peine –  l’idée pour faire un sort à un vieux morceau de bûche de chèvre. Pendant qu’on laissait celle-ci se détendre dans un peu de crème, nous partageons un verre. « Comment s’est passé ta journée… » « Tu m’as manqué… »[sans transition] un peu de céleri branche fera bien l’affaire. On dresse et le repas est servi. On s’installe devant Top Chef? Peut-être retiendrons-nous quelques idées pour ce week-end… »

 

Filet de boeuf sauce au chèvre. Céleri branche.
Filet de boeuf sauce au chèvre. Céleri branche.

Avec gourmandise, C&V.

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. juneandcie dit :

    Quelle belle inspiration et qu’elle belle ode à la cuisine, au plaisir de manger et aux saveurs. Merci pour ce texte.

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    1. Merci June! A mots « rompus ». Les fourneaux nous manquent 😆…On s’amuse comme on peut!

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  2. Le début m’a fait très peur…. et la fin je l’ai savourée! 😉 Merci pour ce texte!

    Aimé par 1 personne

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